Le faire ou mourir de Claire-Lise Marguier – Rouergue 2011

 

 
Le jour où Dam se fait malmener par un groupe de skaters au collège, c’est Samy qui s’interpose, un ado vêtu de noir, avec une coupe de cheveux étrange, des piercings et des amis tout aussi excentriques. Premier roman. (source Electre)

Avis d’Uriell : Coup de coeur

Je me suis lancée dans cette lecture sans a priori alors que mes collègues hésitaient à mettre ce livre en circulation (n’est-il pas trop violent ?). Une fois lancée, j’ai eu du mal à m’arrêter. Le livre se lit très facilement. J’ai été un peu gênée au début par l’absence quasi-permanente du « ne » de négation, puis je m’y suis faite. L’auteur a su créer une atmosphère tendue et emplie de tristesse sans tomber dans le mélodramatique un peu exagéré que l’on peut voir dans Les souffrances du jeune Werther par exemple. Je pense que cette histoire, tout en étant un récit extrêmement sombre, est réaliste dans le sens où elle retrace bien les angoisses que la plupart des adolescents ressentent, et fait allusion à plusieurs problèmes tels que les scarifications, la dépression, l’anorexie, l’orientation sexuelle, la différence… Les sentiments sont exacerbés, mais, (sauf dans la première fin), on n’a jamais l’impression que c’est exagéré. Je pense que ce livre peut avoir une fonction cathartique intéressante sur plusieurs points : tout d’abord, le lecteur (quelque soit son sexe) adhère aux propos du narrateur ce qui lui permet de mettre des mots sur son malaise, et comme le dit clairement l’histoire, être capable d’en parler c’est le début de quelque chose de positif. Ensuite, la première fin, qui peut être dérangeante à la lecture (et qui m’a dérangée), ressemble à la fin d’un conte (plus ou moins) : tous les méchants sont punis, et le héros retrouve une sorte de paix intérieure. Il faut bien avouer que l’on n’est pas mécontent de voir le père mourir (eh oui !). Heureusement, pour nous racheter d’avoir pris du plaisir (un peu quand même) dans cette fin sanglante, l’auteur nous permet de nous offre une fin positive, ce qui nous fait du bien aussi ! Personnellement, j’aime ces lectures dont on se relève abasourdi, et qui nous empêchent de passer tout de suite à autre chose.

Avis du comité de lecture : A découvrir

Si certains n’ont pas dépassé les premières pages, refroidis par l’aspect glacial, noir de cette voix gothique d’autres sont allés au bout de ce court roman en « s’accrochant » à  la deuxième partie comme à une bouée.

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